Bien gérer son stock e-commerce : la méthode

Sébastien Berthuy, fondateur d'Easy DistributionSébastien BerthuyFondateur d'Easy Distribution8 min de lecture
Préparateur de commandes scannant un produit lors du picking en entrepôt

En résumé

Je partage ma méthode de gestion de stock e-commerce : états du stock, réapprovisionnement, FIFO/FEFO, stock dormant, inventaires et retours.

Cet article fait partie du guide Dans les coulisses d'un entrepôt logistique e-commerce. Commencez par là si vous découvrez le sujet.

Un stock mal suivi se voit rarement tout de suite. Il apparaît sous la forme d’une commande impossible à préparer, d’un produit vendu deux fois sur deux canaux, ou de cartons qui occupent une place payée chaque mois sans jamais partir. Dans les deux sens, l’erreur coûte : trop peu de stock fait perdre des ventes, trop de stock immobilise de la trésorerie et de l’espace.

Je suis Sébastien, d’Easy Distribution. Je partage avec vous la méthode que je recommande aux marques pour gérer leur stock e-commerce, du chiffre affiché sur la boutique jusqu’à l’inventaire. Pour situer le stock dans le parcours complet d’une commande, vous pouvez lire ma visite des coulisses d’un entrepôt logistique e-commerce.

Un seul chiffre de stock ne suffit pas

« Il m’en reste 120 » : derrière cette phrase, il peut y avoir plusieurs réalités. Une partie des unités est peut-être déjà réservée pour des commandes en cours. D’autres attendent un contrôle après un retour. D’autres encore sont annoncées par le fournisseur mais pas encore arrivées. Je distingue au minimum les états suivants.

ÉtatCe qu’il désignePeut-on le vendre ?
Stock attenduQuantités commandées au fournisseur, pas encore reçuesSeulement si vous assumez une précommande
Stock physiqueUnités présentes dans l’entrepôtPas en totalité : il faut retirer les quantités réservées et bloquées
Stock réservéUnités affectées à des commandes en cours de traitementNon, elles sont déjà vendues
Stock bloquéUnités en contrôle, abîmées, en attente de décision ou isoléesNon, tant qu’une décision n’a pas été prise
Stock disponibleUnités réellement vendablesOui

En simplifiant, le stock disponible correspond au stock physique, moins les quantités réservées et bloquées. C’est ce chiffre qui doit alimenter votre boutique et vos marketplaces, pas le total présent dans le bâtiment.

Une référence unique pour chaque article géré

La gestion du stock commence par l’identification. Chaque variante vendue séparément (taille, couleur, format) doit avoir sa propre référence. Si deux produits différents partagent un code, le stock de l’un absorbe les ventes de l’autre et les écarts deviennent impossibles à expliquer.

Les coffrets et les lots demandent une attention particulière. Un coffret assemblé à l’avance a son propre stock. Un coffret composé à la commande consomme le stock de ses composants : il devient indisponible dès qu’un seul élément manque. Les deux modes de fonctionnement doivent être paramétrés clairement.

Je détaille la construction de ces références dans mon guide des SKU et des bonnes pratiques de catalogue.

Synchroniser le stock entre vos canaux de vente

Dès que vous vendez sur plusieurs canaux (boutique en ligne, marketplaces, revendeurs), le même stock sert plusieurs vitrines. Chaque canal doit recevoir la bonne quantité disponible, assez vite pour éviter de vendre une unité qui vient de partir ailleurs.

Je recommande de désigner une source de référence pour le stock et de vérifier la fréquence de mise à jour de chaque canal. Sur les références qui se vendent vite ou dont il reste peu d’unités, une petite réserve non publiée peut limiter le risque de survente. C’est un arbitrage : cette réserve protège vos clients, mais elle retire temporairement des unités de la vente.

Le B2B mérite la même rigueur. Un réassort de boutique peut consommer d’un coup une grande partie du stock. Chez Easy Distribution, nous gérons le DTC et le B2B sur le même stock, ce qui évite de tenir deux inventaires séparés. Il faut alors décider à l’avance quelles commandes passent en priorité quand les quantités ne suffisent pas.

Savoir quand réapprovisionner

Le bon moment pour commander n’est pas celui où le stock est vide, mais celui où il reste juste assez d’unités pour couvrir le temps nécessaire au réassort. Trois éléments entrent en jeu.

  • La consommation : le nombre d’unités vendues par jour ou par semaine, sur une période représentative.
  • Le délai d’approvisionnement : le temps entre votre commande au fournisseur et le moment où le stock devient vendable. Il inclut la fabrication et le transport, mais aussi la réception et le contrôle à l’entrepôt.
  • Le stock de sécurité : une marge pour absorber une vente plus forte que prévu ou un fournisseur en retard.

Le point de commande se calcule alors ainsi : consommation moyenne par jour × délai d’approvisionnement en jours + stock de sécurité. Exemple purement illustratif : avec 20 unités vendues par jour, un délai de 30 jours et un stock de sécurité de 150 unités, vous déclenchez la commande quand le stock disponible descend à 750 unités.

Le stock de sécurité dépend de la variabilité de vos ventes et de la fiabilité de vos fournisseurs. Il dépend aussi de ce que coûte une rupture sur ce produit. Je ne fixerais pas le même niveau pour un produit d’appel et pour une référence secondaire facilement remplaçable.

Un indicateur simple aide à suivre la situation : la couverture de stock, c’est-à-dire le stock disponible divisé par la consommation moyenne par jour. Elle indique combien de jours de ventes votre stock peut encore couvrir au rythme actuel.

Toutes les références ne méritent pas le même suivi

Sur beaucoup de catalogues, une minorité de références pèse lourd dans les ventes. La méthode ABC aide à les repérer : on classe les produits selon leur contribution, en chiffre d’affaires, en marge ou en volume, puis on répartit le catalogue en trois groupes.

Les références A demandent un suivi rapproché : prévisions revues souvent, seuils surveillés, comptages fréquents. Les références C peuvent être suivies moins souvent. Je complète ce classement par la criticité : un composant indispensable à un coffret phare mérite parfois l’attention d’une référence A, même s’il pèse peu seul.

FIFO, FEFO : organiser la rotation

La rotation décide quelles unités sortent en premier. Le FIFO, pour first in, first out, fait partir d’abord les unités entrées en premier. Le FEFO, pour first expired, first out, fait partir d’abord celles dont la date est la plus proche.

Pour un produit sans date, le FIFO limite le vieillissement du stock et des emballages. Pour un produit daté, le FEFO est généralement plus adapté : si un lot reçu plus tard expire plus tôt, c’est lui qui doit partir en premier.

Ces règles supposent que les lots et les dates soient enregistrés dès la réception, puis respectés au prélèvement. Elles permettent aussi de retrouver rapidement les commandes concernées si un lot doit être retiré. Nous détaillons ces contraintes sur notre page consacrée à la logistique e-commerce des compléments alimentaires.

Le stock dormant : le repérer avant qu’il coûte

Le stock dormant désigne les articles qui ne bougent plus, ou presque, sur une période donnée. La bonne durée dépend de votre activité : une collection saisonnière ne se lit pas comme un produit vendu toute l’année. Fixez votre propre seuil, puis suivez-le régulièrement.

Ce stock occupe de la place, immobilise de la trésorerie et peut masquer un problème d’assortiment ou de prévision. Une fois repéré, plusieurs pistes existent : une opération commerciale, l’intégration dans un lot, la vente à un revendeur, un retour fournisseur si votre accord le prévoit, ou un don.

Quand le stock doit rester, par exemple pour une collection qui reviendra, il peut être déplacé vers une zone moins sollicitée de l’entrepôt. Chez Easy Distribution, nous proposons un stockage longue durée à tarifs dégressifs pour ce type de stock : collections saisonnières, surplus de production, stock stratégique.

Inventaires : annuel, tournant et contradictoire

L’inventaire confronte le stock enregistré au stock réellement présent. En France, le Code de commerce impose aux commerçants de contrôler par inventaire, au moins une fois tous les douze mois, l’existence et la valeur des éléments actifs et passifs du patrimoine de leur entreprise (article L123-12 du Code de commerce). Votre expert-comptable vous précisera les modalités qui s’appliquent à votre entreprise.

L’inventaire annuel ne suffit pas à piloter un stock e-commerce. Je recommande aussi des inventaires tournants : on compte régulièrement une partie du catalogue, en priorité les références à forte rotation, celles qui présentent des écarts et celles qui ont une forte valeur. Les erreurs sont ainsi repérées plus tôt, sans arrêter l’activité.

Lors d’un changement de prestataire, l’inventaire contradictoire est un moment clé : les quantités sont comptées et validées par les deux parties au moment du transfert. C’est la base de départ que tout le monde reconnaît.

Un écart d’inventaire ne doit pas être simplement corrigé dans le logiciel. Il faut en chercher la cause : erreur de réception, prélèvement sur la mauvaise variante, retour mal enregistré, casse non déclarée. Je propose une façon de mesurer cette fiabilité dans mes KPI logistiques.

Les retours font partie du stock

Un produit retourné ne redevient pas disponible au moment où le colis arrive. Il doit être identifié, contrôlé, puis orienté : remise en stock vendable, reconditionnement, isolement ou autre décision. Tant que ce traitement n’est pas terminé, il appartient au stock bloqué.

Si cette étape est mal suivie, deux problèmes apparaissent : des unités vendables restent invisibles, ou des unités non contrôlées sont proposées à la vente. J’explique comment organiser ce flux dans mes sept leviers pour mieux gérer les retours e-commerce.

Anticiper les pics d’activité

Avant une période forte, comme le Black Friday ou les fêtes de fin d’année, le stock doit être prêt à partir, pas seulement commandé. Je regarde trois points avec les marques : les dates d’arrivée des fournisseurs, la capacité de réception de l’entrepôt sur la période et les références qui risquent de manquer.

Une réception arrivée la veille d’une opération commerciale peut ne pas être disponible à temps si elle doit encore être comptée, contrôlée et rangée. Partagez vos prévisions et vos dates d’arrivée suffisamment tôt avec votre logisticien. Il pourra organiser les réceptions et vous alerter sur les risques.

Ce que vous devez pouvoir consulter chez votre logisticien

  • Le stock par référence, avec la distinction entre disponible, réservé et bloqué.
  • Les réceptions attendues et les écarts constatés à l’arrivée.
  • L’historique des mouvements d’une référence : entrées, sorties, ajustements.
  • Les retours en attente de contrôle ou de décision.
  • Des alertes quand une référence passe sous un seuil défini.
  • Un export de ces données, pour vos propres analyses.

Chez Easy Distribution, vous suivez votre activité dans un tableau de bord en temps réel, via Osiris ou ShippingBo : stock par SKU, commandes en cours de préparation, expéditions du jour, retours et alertes de seuil.

Vous voulez remettre de l’ordre dans votre stock avant votre prochain pic ? Parlons de votre catalogue et de vos volumes. Nous partirons de vos chiffres réels pour définir des règles simples à tenir.

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