L'humain avant l'algorithme : notre vision du service client logistique

Sébastien Berthuy, fondateur d'Easy DistributionSébastien BerthuyFondateur d'Easy Distribution5 min de lecture
Sébastien Berthuy dans l'entrepôt d'Easy Distribution au coucher du soleil

En résumé

Je vous explique la place de l’humain dans la logistique : écoute, consignes claires, traitement des exceptions et outils au service des équipes.

Cet article fait partie du guide Sébastien, fondateur d'Easy Distribution, expert en logistique. Commencez par là si vous découvrez le sujet.

Je comprends l’intérêt d’un outil qui automatise une tâche répétitive, fiabilise une information ou évite une ressaisie. Dans un entrepôt, ces gains peuvent être très utiles. Mais une marque a aussi besoin de savoir à qui parler lorsqu’une situation sort du cadre.

Ma conviction est simple : la technologie doit aider les équipes à faire leur travail et les clients à comprendre ce qui se passe. Elle ne dispense pas d’écouter, d’expliquer ni d’assumer une décision.

C’est une partie de la vision que je présente dans mon portrait de Sébastien, fondateur d’Easy Distribution. Ici, je veux montrer ce que cette place donnée à l’humain signifie concrètement pour une marque qui confie sa logistique.

Les outils sont utiles quand ils rendent le travail plus clair

Un logiciel peut transmettre une commande, suivre un mouvement de stock ou faire remonter un statut. Un contrôle bien conçu peut aider à repérer une référence inattendue avant qu’elle ne parte. Ces fonctions ont une valeur réelle.

Mais leur résultat dépend des informations fournies et des règles choisies. Une mauvaise donnée produit reste une mauvaise donnée, même si elle circule très vite. Une consigne ambiguë ne devient pas précise parce qu’elle apparaît sur un écran.

Je commence donc par les questions opérationnelles : quelle erreur cherchons-nous à éviter ? Quelle information manque ? Qui doit agir après l’alerte ? L’outil vient soutenir cette réponse. Son nom ou sa nouveauté ne suffisent pas à prouver son intérêt.

Une marque ne se résume pas à un volume mensuel

Deux marques qui expédient le même nombre de commandes peuvent avoir des besoins très différents. L’une vend un produit simple en grande quantité ; l’autre compose des coffrets, gère des variantes ou prépare des réassorts pour des boutiques.

Il faut prendre le temps de comprendre le catalogue, les contraintes d’emballage, la saisonnalité et la promesse faite au client. Ce dialogue permet de définir une prestation adaptée et de repérer ce qui doit être clarifié avant le démarrage.

Je préfère poser une question de plus sur un point sensible que laisser une hypothèse devenir une consigne implicite. La qualité de la relation commence souvent dans ce travail de préparation, bien avant le premier colis.

Quand le cas prévu devient une exception

Prenons un exemple fictif : une marque lance un coffret et un des composants arrive plus tard que prévu. Le logiciel peut signaler le stock manquant. Il ne suffit pas, à lui seul, à décider de la meilleure réponse pour les clients.

Faut-il attendre, reporter l’offre ou proposer une autre solution autorisée par la marque ? Quel message afficher ? Quelles commandes sont concernées ? Il faut rassembler les faits, mesurer les conséquences et décider avec les personnes responsables.

Autre exemple : une instruction d’emballage semble incompatible avec la fragilité du produit. Je souhaite que l’équipe puisse signaler le problème, plutôt que reproduire mécaniquement une consigne qui mérite d’être revue. Le professionnalisme comprend cette capacité à alerter.

Un interlocuteur doit pouvoir expliquer la situation

Pour une marque, une réponse utile ne se limite pas à « le dossier est en cours ». Elle doit permettre de comprendre ce qui est établi, ce qui reste à vérifier et quelle sera la prochaine étape.

Je tiens à distinguer une réponse rapide d’une résolution complète. Certains sujets peuvent être réglés immédiatement ; d’autres demandent une vérification dans le stock ou un retour du transporteur. Dans ce second cas, il faut expliquer le chemin de traitement sans inventer une certitude.

La proximité ne signifie pas que tout se règle par un appel informel. Les décisions qui modifient une règle ou une prestation doivent être partagées et traçables. Cela protège la continuité du service lorsque plusieurs personnes interviennent.

L’expérience des équipes doit remonter dans l’organisation

Les personnes qui réceptionnent, prélèvent et emballent voient des détails qu’un tableau de bord ne montre pas toujours : une étiquette difficile à lire, deux variantes presque identiques, un carton mal adapté ou un emplacement qui impose trop de manipulations.

Je souhaite que ces observations puissent devenir des améliorations concrètes. Il faut pour cela les écouter, les vérifier et décider d’une correction. Demander systématiquement d’aller plus vite sans regarder la cause d’une difficulté ne résout pas grand-chose.

Une nouvelle référence, une nouvelle offre ou une nouvelle règle demande aussi de l’explication et de la formation. La consigne doit être compréhensible par la personne qui réalise le geste, pas seulement par celle qui l’a rédigée.

Je vous montre comment les étapes s’enchaînent dans une journée dans l’entrepôt. Chaque passage d’une étape à la suivante dépend d’informations correctement transmises.

Donner de l’autonomie sans improviser les décisions

Placer l’humain au centre ne veut pas dire que chacun invente sa solution. Une organisation fiable précise ce que l’équipe peut décider, ce qui demande une validation et à qui transmettre l’exception.

Par exemple, remplacer une référence, modifier le contenu d’un coffret ou changer une promesse de livraison peut affecter la marque et son client. Ces décisions doivent suivre un cadre convenu. En revanche, signaler une anomalie et mettre le dossier dans le bon circuit ne devrait pas dépendre d’une chaîne interminable d’intermédiaires.

Je recherche cet équilibre : des règles assez claires pour travailler sereinement et un dialogue possible lorsque la situation demande du jugement.

La relation se mesure aussi dans les moments difficiles

Lorsque tout fonctionne, la relation paraît simple. Un incident révèle davantage la manière de travailler : partage-t-on les faits ? Les responsabilités sont-elles examinées sans masquer les causes ? Une correction est-elle suivie après l’urgence ?

Je préfère une explication précise, même inconfortable, à une formule rassurante qui ne résiste pas à la vérification. Une marque doit pouvoir décider à partir de la situation réelle.

Le même principe vaut pendant une forte activité. Les contraintes doivent être discutées en amont, avec des priorités et des limites compréhensibles. Je détaille cette préparation dans mes conseils pour organiser la logistique du Black Friday.

Ce que vous pouvez demander à votre futur partenaire

  • Qui sera mon interlocuteur et comment les échanges seront-ils suivis ?
  • Comment mes consignes seront-elles transmises aux équipes ?
  • Qui peut décider lorsqu’une commande sort du fonctionnement habituel ?
  • Comment serai-je informé d’un incident et de son avancement ?
  • Comment les observations de l’entrepôt feront-elles évoluer notre organisation ?
  • Quels points examinerons-nous ensemble pour améliorer le service ?

Ces questions complètent utilement celles sur les tarifs, les outils et les capacités. Pour moi, une bonne relation logistique associe un fonctionnement structuré et des personnes capables d’en parler clairement.

Vous cherchez un partenaire avec qui poser ces sujets dès le départ ? Échangeons sur votre activité. Je vous expliquerai comment nous pouvons cadrer vos besoins et les points à vérifier ensemble.

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